Voyage de mots
Tu vois
Là haut
Les rois
Oiseaux.
Sans crainte
Ils teintent
Leurs plaintes
De beau.
Juste un cri
Et s'élancent
Les non-dits
En cadence,
Sans plier,
Sans forcer,
Pour briser
Le silence.
Un petit mot
Lentement fuit.
Sorti du lot
Il est fini.
Mais il en reste
Ici qui pestent,
Qui font des gestes
Assez mûris.
Ils iront plus loin.
Par delà les monts
Existe un chemin.
Ils l'emprunteront
Car c'est bien pour eux
Qu'un beau jour les dieux
Ont ouvert les cieux
Et lâché les sons.
Et toujours aux aguets
Ils avanceront là
Où l'humeur disparaît,
Où les reflets sont las,
Où il ne reste rien
Que quelques froids chagrins
Oubliés à la fin
Du dernier des trépas.
Ils devront le traverser,
Cet endroit de désespoir,
Sans jamais se retourner
S'ils ne désirent pas choir.
C'est facile, ils passeront
Car pour vaincre ses démons
Tout le monde sait qu'au fond
Il suffit de le vouloir.
Puis viendront les plaines neigeuses,
Oubliées depuis trop longtemps,
Et dans leurs étreintes soyeuses
Il leur faudra serrer les dents,
Réveiller les flocons qui planent,
Secouer les glaciers diaphanes,
Trouver la chaleur qui émane
De ces joyaux d'un autre temps.
Arrivés au terme de l'épopée
Les mots sans faiblir s'amassent en surnombre
Il s'agit alors de se regrouper,
De nouer des liens aux contours trop sombres
Pour être cernés immédiatement.
Plus tard ils sauront mais en attendant
Le but est toujours de rester vivants
Et de parvenir à toi sans encombre.
Les danses folles ont vu le jour,
Les phrases se sont esquissées,
Après de multiples détours
Finalement tout est passé.
Alors petite ouvre les yeux,
Regarde-les comme ils sont vieux !
Pourtant je sais qu'ils iront mieux
Lorsque tu les auras touchés.
Touche donc, tu n'as pas peur !
Vas-y plonge sans manières !
Immerge-toi des clameurs
Tombées du ciel pour te plaire !
Tout sourit petite fille
Alors ma belle écarquille
Ces paupières en mille vrilles !
Je voudrais te voir en mère.
Je voudrais te serrer
Je voudrais te les dire,
Tous ces lointains secrets
Impossibles à traduire !
Mais je ne suis pas là
Je suis partie trop bas
Pour prendre dans mes bras
Le fruit de mes désirs.
Tu m'entends, je sais.
Les paroles volent,
Viennent se poser
Sur ton auréole
D'angelot si doux.
Je veux que partout
Chantent mes bijoux
Même si j'affole.
Je remercie
Les rois oiseaux
D'avoir inscrit
Sur ton tableau
Le plus volage
De mes messages
Mais le plus sage
De tous mes maux.
Il est temps
D'écouter.
Le moment
S'est réglé.
Le discours
Est bien court
Mais les jours
Sont comptés.
Pour ton
Baptême
Des sons
Je sème
En grand,
En blanc,
L'errrant :
"Je t'aime".
(forme copiée sur "Les Djinns" de Victor Hugo)


Commentaires
La muse (T.) le 07/08/2006 à 17:31:50pas mal du tout pour un 1er essai ^^
Veira Nils site : veiranils.blog4ever.com/ | le 18/07/2007 à 23:03:07
J'aime beaucoup la forme, bien qu'elle ne soit pas de toi. Par contre, j'avoue que cette forme est si prenante pendant la lecture que j'en ai oublié le sens. J'ai tendance à trop suivre les vers, je compte les pieds pour lire correctement, parfois je cherche même si je n'ai pas fait une erreur, s'il n'y en a pas, où si je n'ai rien oublié. Mais du coup, je n'ai pas compris de quoi tu parles, à nouveau... ^^
Enfin bref, toujours est-il que c'est très joli, les images aussi, etc. Je crois que je me répète, lol...